Pythéas de Marseille à la découverte de l'Europe du nord

L’Irlande et les petites îles du nord


Pythéas décrit l’Irlande et les petites îles du nord de la Grande Bretagne : Orcades, Shetlands et Hébrides.

  • L’Irlande

Les textes : « Au dessus de la Grande Bretagne se trouve l’Irlande, de superficie presque égale, mais de forme oblongue entre les deux courbures égales de ses rivages … »(K36) Pomponius Méla ; Après la Grande Bretagne, c’est l’Irlande qui est décrite par Pythéas. Elle est plus petite qu’elle, de forme oblongue et proche de celle-ci « au couchant »(K34) selon César, mais Pomponius Méla et Strabon disent au Nord. Elle est à peu de distance, comme l’est la Britannie de l’Europe (K34). Notons que César s’inspire de livres pour écrire sur l’Irlande ; il l’écrit explicitement. Et comme il n’a pas d’à priori comme Strabon, il décrit simplement ce qu’il lit. Nous avons aussi une description des mœurs de ses habitants : « anthropophages, omnivores, jugeant beau de manger leurs pères décédés, et de se mêler publiquement »(K38). Une description très imagée de Strabon. Son nom est Hierni, qui signifie « le peuple de la terre fertile ». Strabon dira à propos des Irlandais : « je n’ai rien de bien certain à dire concernant Ierne, sauf que les habitants sont plus sauvages que les britons depuis qu’ils se mangent entre eux et depuis qu’ils le considèrent comme une honorable chose quand leurs pères meurent pour les dévorer. »



Un obole massaliote
  • Les petites îles

Pythéas monte toujours plus haut vers le nord. Il désigne les îles entre Irlande et Britannie, puis toujours plus nord, « il y a trente Orcades séparées les unes des autres par d’étroits intervalles, et sept Haemodes qui s’avancent en face de la Germanie »(L41). Les principales îles des Orcades sont présentées, ainsi que les Shetlands (Haemodes). Pline cite aussi les trente Hébudes qui sont les îles Hébrides (L42). Les latitudes données par Strabon, citant Hipparque qui prend ses sources de Pythéas, nous rapporte 58° (hauteur du soleil à 4 coudées) en hiver. Cela correspond à la latitude de l’île Lewis, au Nord de l’Ecosse ; puis 61° (hauteur du soleil à moins de trois coudées) qui correspond au nord des îles Shetland (Q77). Une coudée vaut deux degrés. Cette fois, c’est la hauteur du soleil à midi au solstice d’hiver qui est donnée par Hipparque, prenant ses informations de Pythéas.

En hiver ? Etait-il donc là-bas en hiver ? Difficile à croire, car par ailleurs, dans ces régions, il fournit aussi la durée, en heures, des jours d’été. Y était-il aussi en été ? Il y serait alors resté au moins six mois. ?

L’hypothèse scientifique est la plus à considérer. Après son périple, il a très bien pu faire de simples extrapolations géométriques : il en aurait ainsi déduit la hauteur du soleil en hiver. En hiver le soleil est au ras de l’horizon à Thulé pour une latitude de 66°. A la latitude de 58°, par exemple, le soleil sera donc à une hauteur de 66°-58°= 8°, soit 4 coudées.