Pythéas de Marseille à la découverte de l'Europe du nord

L’Artémis, navire de Pythéas


Au retour de son premier voyage, Pythéas fournit les principales caractéristiques des navires pour naviguer dans l’océan. l'Artémis sera mis en construction.

Nous avons à disposition des représentations de navires grecs anciens. Ceux-ci peuvent être classés en trois genres

  • Navires à rames, comme celui de Jason à la conquête de la toison d’or.
  • Navires à voiles conçus vers le VIème siècle AC. Le gréement pouvant être diversifié.
  • Navires mixtes, à voiles et à rames.

Quel type de navire peut-on envisager ? Pentécontore en service vers le VIème siècle AC ou plus tard la trière, tous deux des navires de guerre ? Ces deux navires, à rames, très effilés, ne semblent pas adaptés aux conditions de navigation en haute mer et à l’usage que comptait en faire Pythéas. Nous pensons que, l’expédition n’ayant aucun but militaire, Pythéas a voulu un ou des navires agiles, manœuvrant facilement près des côtes en cas de danger donc avec des rameurs, et à voiles épargnant ainsi de nombreux efforts à l’équipage pendant les périodes de traversée.


Navire marchand grec au temps de Pythéas. Celui-ci peut embarquer une quarantaine de rameurs.
Celui de Pythéas était sans doute plus petit.

Dans « Pythéas » Jean-Marie Gassend propose un navire de 18 m de long, à voiles et à rames. Le navire possède une grand voile carrée, réglée par un jeu de cargues. A l’avant un autre mât, incliné vers la proue, le dolon, procurant une manœuvrabilité supérieure, bien utile pour remonter au vent. Dix huit rameurs font avancer le navire dans la pétole. Ils peuvent aussi dégager le navire en cas de besoin urgent. Celui-ci possède un taud, ce qui permet à l’équipage de s’abriter quand le temps est mauvais, cas fréquent dans les régions du Nord de l’Europe. Au total, il devait y avoir, à bord du navire, une vingtaine de personnes.

Le navire emporte dans ses cales la nourriture nécessaire à l’équipage. Mais elle n’est peut être pas surévaluée, car Pythéas connait déjà la situation sur la bordure de l’Europe, et il peut envisager des ravitaillements en Bretagne ou en Grande Bretagne, il aura peut être lié des liens avec les autochtones lors de son premier voyage. Il emporte aussi tout ce qui peut lui être utile pour discuter avec « les Barbares », en particulier du vin contenu dans des amphores et qui est tant demandé, sans oublier son gnomon portable.

Une petite flottille peut aussi être envisagée pour cette expédition. Deux navires, pas plus, car se pose la question du financement par la cité phocéenne. Ainsi, en cas de difficulté en mer les navires peuvent s’entraider.

Après quelques essais dans la rade de Marseille, le (ou les) navire est prêt à appareiller.